Ce matin Paris brume [ Chloé ]

Certains jours, je me demande s'il existe un endroit, à la croisée des chemins, qui serait un carrefour de tout ce que nous avons pu laisser derrière nous, un peu partout.
Avec un stand objets trouvés, où on rendrait ses cailloux au petit Poucet, et en lui fourrant un GPS dans la poche.
Ca doit bien exister quelque part, un endroit commun à tous.
Paris me perd. Les heures au Blitz n'existent plus. Parfois on prend un café au Starbucks en face du lycée, en courant pour être à l'heure en philo, et puis finalement c'est tout.
Le Paris-religion, qui fait joli au cinéma, les mansardes, tout ça, c'est très joli, mais.
Mais.
Je sais ce que je gagne, je sais ce que je perds.
J'ai la fâcheuse habitude de toujours croire que je suis trop bête pour choisir la bonne solution. Je ne sais toujours pas si j'ai eu raison. Mes repères à Paris, je les ai.
Et qu'est-ce que j'aurais eu à Nancy ?
Combien de temps je suis capable de garder une vie ?
J'écris sur ce blog peut-être par illusion quelque part. Pour me dire qu'il y a une saison deux possible, pour ceux qui sont restés là-bas comme pour moi. Qu'on peut la faire ensemble, quand même.
Malgré les bibliographies, qui disent "Ces 40 bouquins incontournables", pour chaque matière, pour chaque semestre.
Malgré tout ça j'ai envie d'y croire quelque part.
Sinon ce serait comme un divorce prématuré.
Alors je sais pas j'ai eu envie de poster ici, pour dire que non, on s'est pas enflammées trop vite, que c'est pas et deux et une, mais trois.
Ce que j'aurais oublié de Nancy, vous me le chuchoterez au coin des rues. Les fauteuils défoncés du Blitz accueilleront nos retrouvailles, tout repartira comme avant pour quelques heures, de temps en temps.
Moi je vous dirai ce que vous n'avez pas vu au coeur de mon quartier. Je vous raconterai les histoires de la rue Mouffetard, on traînera nos appareils photos sur les quais, et ce sera juste bien parce que bordel, la saison 2 elle est là.
Je veux continuer à croire que ce blog à six mains n'est pas un hasard.
Que les amis d'ici n'éclipsent pas les autres.
Pas celles qui valent le coup, du moins.













